

Le cercueil intérieur de la dame Meret-it-es est un sarcophage anthropoïde en bois polychrome datant de la Basse Époque ou de la période ptolémaïque égyptienne, entre ca. 380 et 250 av. J.-C. Il présente la forme caractéristique du cercueil momiforme, reproduisant les traits idéalisés de la défunte avec une perruque tripartite striée de bleu et d'or, un visage aux traits finement modelés et un collier ousekh ornemental. Le corps du cercueil est densément recouvert d'inscriptions hiéroglyphiques et de scènes funéraires peintes, incluant des représentations de divinités protectrices — notamment les quatre fils d'Horus et des figures d'Isis et Nephthys — ainsi que des extraits du Livre des Morts destinés à guider et protéger la défunte dans l'au-delà. Le nom de la propriétaire, Meret-it-es, signifie littéralement « celle qui est aimée de son père », un nom théophore relativement courant dans l'Égypte de cette période.
Ce cercueil s'inscrit dans une période charnière de l'histoire égyptienne, entre la XXXe dynastie — dernière dynastie indigène — et les premiers souverains ptolémaïques issus de la conquête d'Alexandre le Grand en 332 av. J.-C. Cette époque est marquée par un renouveau des traditions funéraires égyptiennes et un soin particulier apporté à la qualité des équipements sépulcraux, en réaction notamment aux périodes d'occupation perse. L'usage du cercueil intérieur s'inscrit dans un ensemble funéraire plus vaste — comprenant généralement un cercueil extérieur et un sarcophage en pierre — reflétant le souci d'offrir à la défunte une protection maximale dans son passage vers l'au-delà. La dame Meret-it-es appartenait vraisemblablement à une famille aisée, seule une élite sociale pouvant se permettre un tel équipement funéraire. La richesse iconographique du cercueil témoigne de la vitalité des ateliers de menuiserie et de peinture funéraires égyptiens à cette période, qui surent maintenir et transmettre un répertoire visuel et textuel pluriséculaire tout en intégrant progressivement des influences hellénistiques.