

Le pyramidion d'Amenemhat III est le couronnement en calcaire noir de la pyramide du pharaon Amenemhat III à Dahchour, datant du Moyen Empire, vers 1850-1800 av. J.-C. Pièce exceptionnelle tant par sa conservation que par sa charge symbolique, il constitue l'un des rares pyramidions royaux complets parvenus jusqu'à nous. Ses quatre faces sont finement sculptées en bas-relief et portent des inscriptions hiéroglyphiques ainsi que des représentations du disque solaire ailé et d'un œil oudjat — symbole de protection et de régénération — surplombant le cartouche du roi. La surface polie du calcaire noir, matériau rare et précieux, était probablement destinée à réfléchir la lumière solaire, faisant du pyramidion un véritable point de contact entre le monde terrestre et le domaine divin. Sa forme pyramidale rappelle le benben, pierre primordiale sacrée vénérée à Héliopolis et associée à l'émergence du monde à l'aube de la création.
Amenemhat III, sixième pharaon de la XIIe dynastie, est l'un des souverains les plus puissants et les plus actifs du Moyen Empire. Son règne, d'une durée exceptionnelle d'environ quarante-cinq ans, fut marqué par une intense activité architecturale et une exploitation systématique des ressources minières du Sinaï et du Fayoum. Sa pyramide de Dahchour, dite « pyramide noire » en raison de l'aspect sombre qu'elle présente aujourd'hui, était originellement couverte de calcaire blanc et surmontée de ce pyramidion en calcaire noir, contraste chromatique délibéré dont la signification symbolique reste débattue. Le pyramidion, élément architectural et religieux capital, matérialisait le point où les rayons solaires touchaient la pyramide en premier, faisant du monument tout entier une machine rituelle orientée vers la régénération éternelle du pharaon défunt. Amenemhat III fit également ériger une seconde pyramide à Hawara, où il fut finalement inhumé, ce qui suggère que la pyramide de Dahchour connut des problèmes structurels durant sa construction. Ce pyramidion demeure l'un des témoignages les plus éloquents de la théologie solaire royale de l'Égypte ancienne.